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Vendredi 28 avril 2017  

>>> Approche conceptuelle

La masso-kinésithérapie est la thérapeutique de la gestuelle humaine (voir partie A). Son champ d'action investit principalement trois dimensions d'épanouissement de la personne :
- la structure : pour restaurer l'intégrité physique (réduire les déficits) ;
- la fonction : pour améliorer l'activité fonctionnelle (limiter, compenser les incapacités) ;
- la situation : pour adapter l'interaction entre la personne et son environnement.

Si formaliser l'ensemble des situations personnelles paraît peu réalisable, il est possible de détailler les structures physiques et les fonctions humaines intéressant la kinésithérapie. Ces notions font en effet référence à une approche normative dont le modèle est le corps humain et sa physiologie de base.

Des anomalies, identifiées grâce à l'expérience physio-pathologique et clinique, peuvent alors être commodément classées au sein du répertoire des structures et des fonctions. Elles décrivent, au regard de la kinésithérapie, comment chaque pièce anatomique et faculté humaine peuvent être altérées ; leur spécification terminologique différencie la variété des déséquilibres possibles.

Il ne s'agit là que d'une modélisation théorique segmentant une réalité plus complexe dans laquelle organes et possibilités physiques s'influencent mutuellement pour produire santé ou morbidité. L'intérêt est pédagogique. Les anomalies structurelles et dysfonctions énumérées constituent les composants fondamentaux de la déficience et de l'incapacité définies par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) .

Le kinésithérapeute travaille directement sur ces composants pour établir le juste lien entre les besoins gestuels d'un individu et son action thérapeutique. Bien que relevant d'une approche multi-factorielle, son investigation détaille les déficits et dysfonctionnements observés quel que soit le contexte pathologique.

Pour chacun des troubles, il est ainsi possible d'identifier des logiques élémentaires précisant les orientations thérapeutiques concevables et les moyens potentiels correspondants. Un modèle, désigné sous l'appellation "chaîne logique", organise ces éléments de façon prédictive et déductive sous la forme :
Anomalie observée þ Objectif(s) sanitaire(s) þ Moyen(s) thérapeutique(s)

Ainsi, en déclinant concrètement ce patron de base aux approches structurelle et fonctionnelle, nous obtenons :

o Pour une structure donnée :
Anomalie structurelle þ Objectif(s) MK þ Moyen(s) MK

o Pour une fonction donnée :
Dysfonction þ Objectif(s) MK þ Moyen(s) MK

Le symbole þ établit ici un rapport plausible, fréquent au vu de l'expérience mais non systématique, non obligatoire. "Anomalie structurelle", "Dysfonction", "Objectif(s) MK" et "Moyen(s) MK" sont des variables qu'il convient de renseigner par les données cliniques et thérapeutiques pour composer les véritables chaînes.

Ces cohérences intrinsèques participent spontanément au raisonnement premier du professionnel qui les confronte ensuite les unes aux autres, puis aux contexte et projet du patient, pour décider de son intervention. Le système des chaînes logiques modélise donc des rapports - de base car il ne faut pas réduire la démarche thérapeutique à des automatismes - mobilisant les notions kinésithérapiques utiles à l'étude thérapeutique en fonction des besoins spécifiques du patient.

Le système des chaînes logiques s'apparente à une carte routière qui présente les chemins existants mais n'impose ni l'endroit où aller ni l'itinéraire à suivre.

 

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